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CHAUVES-SOURIS

 

Les Chauves-souris et la rage en France

 


Généralités

La rage évolue indépendamment de celle des renards, dite " rage sylvatique ", ou encore " rage vulpine ". Elle est répertoriée dans des pays indemnes de rage terrestre, comme le Danemark, les Pays-Bas, le Royaume-Uni ou l’Espagne. En France, elle a été recensée dans l’Est, région qui a connu la rage vulpine, et dans d’autres régions où aucun animal n’avait développé la rage : en Bretagne, dans le Centre et le Sud. Les chauves-souris, espèces fragiles et pour certaines en voie de disparition, sont protégées . La sérotine commune est une chauve-souris répandue en France et en Europe. Elle est de taille dite " moyenne " pour une chauve-souris européenne (son poids ne dépasse pas les 30 grammes). Insectivore, la sérotine commune attrape les insectes en vol. On la retrouve très rarement chassant au sol. Elle est dite " anthropophile " : elle vit dans les villages, voire même les villes. Elle se loge souvent dans les combles et les greniers. Il arrive que des individus isolés (des mâles le plus souvent) s’abritent derrière les volets ou dans les charpentes des toitures. Elle partage parfois cet habitat avec d’autres espèces comme les pipistrelles communes, ce qui pourrait peut être expliquer le passage de la rage d’une espèce de chauve-souris vers une autre. Cette espèce est sédentaire et fidèle à son gîte principal. Lorsqu’elle est capturée, elle a tendance à mordre pour se défendre. De ce fait, la meilleure prévention consiste à ne pas la manipuler, comme le prévoit d’ailleurs son statut légal de protection.

Règles de précaution

La chauve-souris est un animal sauvage, il ne faut pas la manipuler ou chercher à l’attraper. En présence d’un animal blessé et si sa manipulation est absolument indispensable, il faut impérativement se munir de gants de jardin épais, recouvrir l’animal avec un chiffon ou une boîte en carton avant sa manipulation et le relâcher s’il peut voler. En cas de doute ou s’il ne peut pas voler, il est préférable de contacter un spécialiste des chauves-souris ou la direction départementale des services vétérinaires qui indiqueront la conduite à tenir. En cas de morsure par une chauve-souris, aucun risque ne doit être négligé. Il est recommandé de consulter son médecin traitant et le centre antirabique le plus proche. Tout cadavre de chauve-souris doit être signalé auprès d’un vétérinaire. Il sera adressé au laboratoire de l’Institut Pasteur (s’il y a eu contamination humaine) ou celui de l’Afssa-Nancy (dans tous les autres cas) pour rechercher la rage. Le cas particulier des chauves-souris exotiques est à distinguer des chauves-souris européennes. Ces chauves-souris exotiques peuvent être de grande taille, avec un comportement parfois agressif. Leur morsure, qui constitue le risque essentiel de transmission du virus de la rage à l’homme, est beaucoup plus grave que celles occasionnées par les chauves-souris européennes. C’est ainsi qu’en 1999, dans le Gard, une Roussette d’Egypte a révélé la rage chez son propriétaire, après avoir séjourné plusieurs jours dans une animalerie bordelaise. L’importation avait été réalisée via une animalerie belge. Au total, 129 personnes ont dû être traitées contre la rage par les centres de traitement antirabiques. L’importation de ces espèces exotiques en France est prohibée

Situation épidémiologique française

Depuis le début de l’année 2000, le laboratoire d’études et de recherches sur la rage et la pathologie des animaux sauvages de l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa) à Nancy a renforcé les enquêtes d’épidémiosurveillance de la rage chez les chiroptères (chauves-souris) avec le soutien du ministère de l’agriculture et de la pêche. 14 chauves-souris ont été découvertes enragées en France depuis 1989 : 5 en 2000 et 3 en 2001. Parmi elles, 12 étaient des sérotines communes (eptésicus serotinus). Les deux autres étaient 1 pipistrelle commune (pipistrellus pipistrellus) et 1 roussette d’Egypte (rousetus aegepticus). Ce dernier cas est différent des 13 autres car il s’agit de l’espèce exotique importée frauduleusement. Le virus en cause est d’une autre souche que celle présente en France. En France, la seule souche de virus actuellement isolée sur des chiroptères autochtones est de type " EbL1 ", c’est à dire correspondant à un Lyssavirus de génotype 5. 7 génotypes de Lyssavirus sont connus dans le monde. Celui de la rage vulpine est le génotype 1. Tous les autres génotypes sont dits " virus apparentés au virus de la rage ". La situation épidémiologique de la rage des chiroptères en France est semblable à celle de l’ensemble des pays européens où les des cas de rage ont été détectés sur des sérines communes. Aucune chauve-souris n’a été détectée comme porteuse du virus de la rage " dite vraie " (génotype 1). Cependant dans le Nord-Ouest de l’Europe, un second génotype de Lyssavirus a été isolé, appelé " EbL2 ". Le nombre de cas recensés semble étroitement lié à l’existence et à la sensibilisation des réseaux de surveillance. La situation épidémiologique de la rage des chauves-souris européennes, toutes insectivores, diffère donc notablement de celle qui sévit en Amérique.

0907045_NP_rage_CS_communication (format pdf - 57.7 ko - 24/06/2015) Que faire si je trouve une chauve souris? (chez moi !)