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Pluies méditerranéennes intenses : Lancement de la campagne de sensibilisation - Cavaillon (COULON)

 

Chaque année, et de plus en plus tôt, les 15 départements de l’arc méditerranéen* sont frappés par des pluies intenses pouvant conduire à des crues soudaines et violentes. Celles-ci, pouvant causer de nombreux dégâts humains et matériels, rendent par conséquent indispensable la connaissance des bons comportements à adopter.

Pour la 5ème année consécutive, le ministère de la Transition écologique, en lien avec le ministère de l’Intérieur et Météo-France, lance sa campagne de prévention nationale face au risque d’inondation. L’ambition de cette campagne s’articule autour de plusieurs objectifs :
rappeler les 8 bons comportements à adopter lors d’une inondation et inciter les citoyens à s’approprier ces bons gestes,
développer une culture du risque,
informer sur les différents niveaux d’alerte et de vigilance pour une meilleure anticipation,
inciter à l’élaboration d’un kit de sécurité.

Bertrand GAUME, préfet de Vaucluse, en présence de Gérard DAUDET, maire de Cavaillon et président de la communauté d’agglomération Luberon Monts de Vaucluse et des différents acteurs de la prévention (DDT, Météo-France, Service de Prévision des Crues Grand Delta, SIRCC, SDIS84) a lancé la campagne de sensibilisation aux pluies méditerranéennes intenses le 4 septembre 2020 à Cavaillon (COULON).

* Liste des 15 départements concernés : Alpes-de-Haute-Provence, Alpes-Maritimes, Ardèche, Aveyron, Aude, Bouches-du-Rhône, Corse-du-Sud, Haute-Corse, Drôme, Gard, Hérault, Lozère, Pyrénées-Orientales, Var et Vaucluse.

I. LES PHÉNOMÈNES DES PLUIES MÉDITERRANÉENNES INTENSES ET DES CRUES

1. Le phénomène des pluies méditerranéennes : de quoi parle-t-on ?

Trois à six fois par an, de violents systèmes orageux apportent des précipitations intenses sur les régions méditerranéennes, du Roussillon à la Provence, en passant par la vallée du Rhône. On les appelle également phénomènes cévenols, même s’ils concernent une aire géographique plus large que les Cévennes. L’équivalent de plusieurs mois de précipitations tombe alors en seulement quelques heures ou quelques jours.

Ces épisodes méditerranéens sont liés à des remontées d’air chaud, humide et instable en provenance de la Méditerranée, qui peuvent générer des orages violents, parfois stationnaires. Ils se produisent de façon privilégiée en automne, moment où la mer est la plus chaude, ce qui favorise une forte évaporation. Plus la température de la mer est élevée, plus les risques de pluies intenses sont importants.

2. Le phénomène des crues : de quoi parle-t-on ?

Le risque inondation est le risque naturel qui concerne le plus de monde en France. Près de dix mille communes et cinq millions de personnes y sont exposées, le long des cours d’eau. L’organisation de la surveillance, de la prévision et de la transmission de l’information sur les crues est assurée par l’État sur le réseau « Vigicrues ».

L’inondation est une submersion rapide ou lente, d’une zone habituellement hors d’eau. Elle peut résulter d’un débordement de cours d’eau ou d’un phénomène de ruissellement.

Une inondation peut prendre deux principales formes : la montée lente des eaux en plaine par le débordement d’un cours d’eau (a) ou la formation de crues soudaines consécutives à des averses violentes (b).

a) La montée lente des eaux en plaine par le débordement d’un cours d’eau.

Les crues lentes s’établissent sur plusieurs jours. Elles résultent d’épisodes pluvieux longs ou successifs. Les sols se saturent progressivement et ne jouent plus leur rôle de système d’absorption. Les eaux de pluie se concentrent plus rapidement dans les cours d’eau et font grossir les débits. A l’embouchure des fleuves, l’évacuation d’une crue peut être contrariée par des phénomènes de grande marée ou par une forte houle poussée par des vents violents.

Ces inondations surviennent généralement de l’automne au printemps.

b) La formation de crues soudaines consécutives à des averses violentes.

Les crues soudaines subviennent en quelques heures, et parfois en quelques dizaines de minutes pour les bassins particulièrement encaissés. Les pluies intenses sous orage provoquent de vives réactions de cours d’eau, sources de danger :

- l’élévation rapide du niveau des cours d’eau peut mettre en péril les personnes qui pratiquent une activité en rivière ou celles qui franchissent un passage à gué, et peut se traduire par des inondations importantes des territoires qui les bordent ;

- le débordement de ces cours d’eau est souvent accompagné de courants violents.

Les phénomènes les plus brutaux sont provoqués par des cellules orageuses stationnaires qui sont ré-alimentées par un courant d’air chaud et humide. Ces phénomènes sont qualifiés de méditerranéens et se rencontrent le plus fréquemment entre septembre et décembre. Plus de 100 mm de pluies (100l/m²) peuvent s’abattre en une heure ou deux localement. Avant que l’eau ne parvienne aux cours d’eau, des phénomènes brutaux de ruissellement peuvent survenir. En milieu rural comme en zone périurbaine, des vallons secs peuvent se transformer en torrents. En ville, ces ruissellements peuvent dévaler des rues en pente et peuvent également s’accumuler dans les zones basses, notamment dans les passages inférieurs routiers ou piétonniers.

Les informations de la vigilance crues sont relayées par le dispositif de vigilance météorologique mis en place par Météo-France, à travers les paramètres « pluie-inondation » et « inondation ». Le paramètre « orage » est aussi utile au cours de la saison des phénomènes cévenols. Accessible en permanence sur le site Internet de Vigicrues et sur le site Internet et l’application mobile de Météo-France, la carte de vigilance signale si un phénomène dangereux menace un ou plusieurs départements dans les prochaines 24 heures et renseigne sur les précautions à prendre pour se protéger. Elle est actualisée deux fois par jour à 6 heures et à 16 heures.

II/ LA PRÉVENTION DU RISQUE INONDATION EN VAUCLUSE

Situé au confluent du Rhône et de la Durance, balayé par le Mistral, le Vaucluse est particulièrement exposé aux risques naturels. Ainsi, 90 % des communes sont exposées aux risques d’inondation tout aussi dangereux et dommageables du fait des hauteurs d’eau atteintes, des emprises inondées et de la durée de la submersion pour le Rhône et la Durance.

Le début de l’automne est une période particulièrement propice au développement de pluies intenses sur le pourtour de la Méditerranée, d’autant plus qu’elle succède à une saison estivale particulièrement chaude comme cette année.

Notre département a déjà subi des événements majeurs dans cette période : 1992 avec la crue de l’Ouvèze et les inondations de Vaison-la-Romaine, la crue du Lez en 1993, les crues du Calavon-Coulon en 1994 et 2008, les crues du Rhône en 2002 et 2003.

L’attractivité touristique du département, la pression démographique dont il est l’objet et son nécessaire développement territorial ont provoqué une concentration des enjeux dans les zones inondables, soulignée par le montant cumulé des dégâts provoqués par les crues, de l’ordre de plusieurs centaines de millions d’euros.

Les services de l’État en Vaucluse, en lien avec les collectivités locales, mettent en œuvre la politique publique relative à la prévention des risques naturels qui se décline sur 7 axes ; la connaissance des aléas, la surveillance des phénomènes, l’information préventive, la maîtrise de l’urbanisation, la réduction du risque, la gestion de crise et les enseignements tirés des retours d’expériences.

La Direction Départementale des Territoires de Vaucluse intervient principalement sur deux axes, la maîtrise de l’urbanisation au travers des Plans de Prévention des Risques naturels (PPRn) et le financement des certains travaux de protection au travers des programmes d’actions de prévention des inondations (PAPI).

Les plans de prévention des risques inondation (PPRn)

Dans les zones à forts enjeux, l’État prescrit et élabore des plans de prévention des risques inondation (PPRN) en associant les collectivités et le public.

En Vaucluse, 81 communes sont couvertes par un ou plusieurs PPRI et 33 communes font l’objet d’un PPRI en cours d’élaboration (32 communes pour le Calavon-Coulon, et Avignon pour la Durance).

Les PPRi agissent en premier lieu sur la maîtrise de l’urbanisation en empêchant de mettre de nouveaux enjeux humains ou économiques dans des zones à risques élevés ou en imposant des prescriptions constructives qui s’appliquent aux nouvelles constructions et qui sont destinées à protéger les personnes et les biens en risque moindre. Les PPRi imposent également aux constructions existantes et dans certaines conditions, des travaux de réduction de la vulnérabilité (création d’aires-refuge, la mise en place de batardeaux…).

Ces mesures peuvent être partiellement financées par le Fonds de Prévention des Risques Naturels Majeurs (FPRNM) dit aussi Fonds Barnier, de 20 à 80 % selon les usages et dans la limite de 10 % de la valeur vénale des biens.

Les programmes d’Actions de Prévention des Inondations (PAPI)

L’Etat apporte également son soutien financier aux collectivités dans le cadre de programmes d’actions de prévention des inondations (PAPI), visant la réduction de la vulnérabilité des territoires. Il s’agit de travaux lourds comme la création de bassin de rétention, la remise en état de digues, la création ou la remise en fonction de zones d’expansion des crues, auxquels l’État participe à hauteur de 25 à 50 % du coût des études et travaux.

En Vaucluse, cinq PAPI ont été validés, sur les bassins versants du Lez et du Calavon-Coulon, pour des montants respectifs de 13,5 et 14, 5 Millions d’Euros, et pour les volets études sur les bassins du sud-Ouest du Mont-Ventoux, de l’Ouvèze et de la Durance.

III. LES BONS COMPORTEMENTS FACE AU RISQUE INONDATION

Afin de développer une véritable culture du risque pour que chacun adopte les comportements qui sauvent, le Ministère de la Transition écologique et le ministère de l’Intérieur ont souhaité reconduire cette année encore une action de sensibilisation aux phénomènes des pluies méditerranéennes intenses dans les quinze départements concernés : Alpes-de-Haute-Provence, Alpes-Maritimes, Ardèche, Aveyron, Aude, Bouches-du-Rhône, Corse-du-Sud, Haute-Corse, Drôme, Gard, Hérault, Lozère, Pyrénées-Orientales, Var et Vaucluse.

Une campagne nationale « pluies méditerranéennes intenses »

Avec le réchauffement climatique, il est fortement probable que les épisodes de pluies intenses seront plus fréquents ou violents. Il est donc indispensable de s’approprier les bons gestes et d’anticiper ce risque pouvant, à tout instant, surprendre par sa soudaineté.

Chaque année, il convient donc de rappeler à nos concitoyens les bons gestes à adopter pour se protéger des inondations.

L’ambition de la campagne conduite par le ministère de la Transition écologique et le ministère de l’intérieur est triple :

► rappeler les 8 bons comportements à adopter lors d’une inondation : encore trop de Français prennent leur voiture pour aller chercher leurs enfants à l’école ou s’approchent des cours d’eau ;

► informer sur les différents niveaux d’alerte et de vigilance pour une meilleure anticipation et prise en compte du risque ;

► inciter à l’élaboration d’un kit de sécurité, afin de vivre de manière autonome pendant quelques jours avec certains objets essentiels en attendant l’arrivée des secours.

Une campagne « pluies méditerranéennes intenses » conduite par la mission interrégionale « Inondation Arc Méditerranéen »

Dans la continuité des actions de prévention menées en matière de sensibilisation des populations, la mission interrégionale « Inondation Arc Méditerranéen » a réalisé en 2020 une série d’affiches mise à disposition des acteurs de la prévention des risques d’inondation sur l’arc méditerranéen.



IV/ FOCUS SUR LE CALAVON-COULON

Les inondations de fin 2019

Fin 2019, le bassin versant du Calavon-Coulon a connu des épisodes pluvio-orageux importants, donnant lieu à 3 crues successives entre le 22 novembre et le 20 décembre.

La période estivale avait été caractérisée par de fortes chaleurs et un déficit pluviométrique important entraînant une dessication des sols. Les sols ont été ré-humidifiés jusqu’à être saturés en eau début novembre suite à d’importantes accumulations de pluies. Des débordements ont eu lieu sur plusieurs secteurs, et notamment les communes d’Apt, Robion et Cavaillon.

Ces épisodes ont toutefois été de moindre ampleur que ceux de 1994 et 2008. Les travaux du SIRCC, notamment ceux de la tranche 3, ont permis d’assurer, lors du pic de crue, une bonne tenue des ouvrages nouvellement construits, malgré les débits importants enregistrés et ont certainement permis d’éviter de reproduire la situation de 2008, c’est-à-dire la rupture de la digue des Ratacans. Pour autant les débordements qui ont eu lieu en rive droite et gauche sur la partie amont de l’agglomération de Cavaillon, montrent l’intérêt de poursuivre et de finaliser les travaux engagés par le SIRCC. Il est important de noter que ces travaux ne garantissent pas un risque zéro pour les populations situées derrière les digues.

Il est très important de travailler à l’ancrage de la culture du risque dans les territoires situés à l’arrière des ouvrages de protection. En effet, ceux-ci restent exposés à des inondations, que ce soit en raison du dépassement de la capacité des ouvrages (crues très importantes) ou parce qu’une défaillance des ouvrages eux-mêmes sera survenue (défaut d’entretien ou de conception par exemple). Dans les deux cas, la rupture de l’ouvrage peut survenir, amenant un effet de vague.

Le plan de prévention du risque d’inondation (PPRi) en cours d’élaboration

Le bassin-versant du Calavon-Coulon concerne 32 communes, et un PPRi est actuellement en cours d’élaboration. Le bassin-versant a été scindé en deux pour prendre en compte le fonctionnement hydrologique de ce cours d’eau (24 communes amont et 8 communes aval) et organiser les phases de consultation du public. Pour la partie amont, les études techniques sont achevées, et la phase de concertation du public s’est déroulée en fin d’année 2019. Pour l’aval, la détermination des aléas et l’écriture du règlement sont en cours de finalisation.

Un programme d’action de prévention des inondation démarré en 2014

Le Syndicat Intercommunautaire de Rivière Coulon-Calavon (SIRCC) bénéficie d’un PAPI démarré en 2014 et dont la durée de validité a été prolongée jusqu’à fin 2021.

Le PAPI Coulon-Calavon, d’un montant total de 14.1 M€, bénéficie d’un financement important de l’État à hauteur de 5.4 M€ . Les autres financeurs sont le SIRCC (3.8 M€), le Département 84 (2.7 M€), la Région PACA (2.6 M€), l’Agence de l’eau (0.4 M€), le Parc du Luberon (0.3 M€) et les communes (0.03 M€).

Les travaux de protection de CAVAILLON et ROBION contre les crues s’inscrivent dans le cadre de l’aménagement de la plaine aval du Coulon. Ils sont prévus à l’axe 7 du PAPI Calavon. Pour ces travaux, 8 tranches sont prévues (tranches 4 à 11), les tranches 1 et 2 (recalibrage de la partie aval) ont été réalisées avant 2013 et la tranche 3 (digues dans la traversée de la zone urbaine de CAVAILLON) a été terminée en 2018.