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Magali S.

 

Prénom
Magali S.

Service – missions
Cabinet – Chef du service des sécurités

Le service des sécurités a été créé dans le cadre de la mise en oeuvre du plan préfecture nouvelle génération et regroupe, dans une même entité, toutes les attributions relatives à la sécurité, réparties en 4 pôles :
- pôle défense et protection civile : prévention et planification, gestion des crises, animation des réseaux de sécurité civile, défense civile, Vigipirate
- pôle sécurité publique et polices administratives : polices administratives (armes, débits de boissons, vidéoprotection, hospitalisation sans consentement, gens du voyage ...), ordre public, sécurisation des visites officielles, prévention et lutte contre la délinquance, animation des réseaux de sécurité publique
- pôle prévention et lutte contre les dérives radicales et sectaires : prévention de la radicalisation, lutte contre le terrorisme, les dérives sectaires, le racisme et l’antisémitisme, dialogue avec les cultes.
- pôle sécurité routière : coordination et animation de la politique de sécurité routière sur les volets préventif et répressif, observatoire départemental de la sécurité routière.


Ce qui vous y plaît
Le cabinet du préfet n’est pas un lieu comme un autre dans une préfecture, où il est souvent perçu comme un service "à part", parce que éloigné physiquement des autres services, parce que proche du préfet, parce qu’on y traite de sujets sensibles ou confidentiels, parce que, même en interne, on communique assez peu sur ce qu’on y fait. Au regard du poids des autres directions d’une préfecture, le cabinet de manière générale, et le service des sécurités en particulier, c’est une petite équipe (20 personnes), qui est en quelque sorte le "bras armé" du préfet sur des sujets traitant de la sécurité des habitants du département, sous de multiples aspects. La matière elle-même impose une réactivité forte et quotidienne, en parallèle à des suivis de dossiers sur un plus long terme. Je crois que c’est cet aspect qui me plaît le plus dans le poste que j’occupe : ne pas forcément savoir de quoi ma journée sera faite en arrivant au bureau le matin ! C’est parfois perturbant, mais très enrichissant parce que ça demande une gymnastique intellectuelle qui oblige à rester en alerte, tout le temps.

Ce qui y est difficile
A contrario, la gymastique intellectuelle, c’est fatigant parfois ;-). Au-delà de la boutade, la réactivité impose aussi d’accepter de ne pas avoir d’horaires fixes et d’être en capacité de concilier vie personnelle et professionnelle de manière à trouver un point d’équilibre. On peut considérer ça comme une difficulté structurelle. A côté de ça, la vraie difficulté est de faire face avec sang-froid à des situations d’urgence : lorsqu’on traite des suites des attentats ou des victimes d’Irma, on ne gère plus des dossiers, mais de l’humain, et il faut essayer, malgré l’horreur absolue de certaines situations, de gérer ces questions en y mettant le moins de pathos possible, parce que notre devoir est de rester opérationnel, et de venir en aide aux victimes ou familles de victimes. Inutile de dire que quand on rentre chez soi, il arrive que le "vernis" craque parfois ...

Votre parcours avant ce poste ?
A vrai dire, j’ai un parcours un peu atypique, qui, a priori, ne me destinait pas à une carrière au ministère de l’intérieur. J’y suis entrée par la petite porte, comme contractuelle à la préfecture de Meurthe-et-Moselle, à l’issue d’une formation universitaire en histoire. Le hasard des affectations suite à un concours m’a fait intégrer le ministère de la défense, dans un service contentieux du commissariat de l’armée de terre, en qualité d’ajointe au chef de service. Pour quelqu’un qui n’avait jamais fait de droit, c’était un vrai défi ! Après 4 ans, j’ai participé à la création d’un nouvel outil mémoriel sur le site de l’ancien camp de concentration de Natzweiler-Struthof, en qualité de responsable du service pédagogique et culturel. Quand je me suis rendue compte que je m’étais habituée à raconter des horreurs, je me suis dit qu’il fallait que je change de métier et j’ai passé le concours d’entrée de l’IRA de Metz. A l’issue de ma scolarité, j’ai eu en charge le pôle contentieux de la préfecture des Vosges, puis le bureau des finances locales et de l’intercommunalité, au moment de la mise en oeuvre de la loi de réforme des collectivités territoriales.

Pourquoi la fonction publique ? Pourquoi le ministère de l’Intérieur ?

La fonction publique, j’imagine que c’est dans mes gênes : deux parents fonctionnaires, l’un en collectivité, l’autre en administration centrale, j’ai dû être un peu influencée ... les chiens ne font pas des chats ! Au-delà de ça, je pense que ça s’est rapidement imposé comme une évidence, parce que, pour avancer, j’ai besoin de trouver du sens à ce que je fais. Être agent de l’Etat répond pleinement à cette attente, notamment dans des ministères régaliens comme la défense ou l’intérieur. Participer à la mise en oeuvre des politiques publiques sur un territoire, faire en sorte que ses habitants soient et se sentent en sécurité dans un contexte sensible, être au service de l’usager sur les questions d’armes, de nuisances sonores, de débits de boissons, de sécurisation des grands évènements, de gestion de crise, tout ça me donne l’énergie pour me lever le matin en me disant " ce que je fais sert à quelque chose ou à quelqu’un".

Vos projets après ce poste ?
Je viens de prendre le poste de chef du service des sécurités, c’est donc une question un peu difficile. Pour l’instant, je me concentre sur les missions nouvelles du service, pour m’approprier la matière. Toutefois, le ministère de l’intérieur est plein de ressources, et il y a encore tout un pan de son activité que je n’ai pas exploré ... il me reste du chemin et de nombreuses années pour le faire. Une carrière professionnelle, on la construit en fonction des opportunités et des rencontres : il y a 6 ans, jamais je n’aurai pensé travailler un jour en préfecture de Vaucluse. Que sera demain ? Je ne sais pas, mais ça ne m’inquiète pas non plus ... je suis un pigeon voyageur, et il me reste plein de choses à faire et à découvrir !

Votre trait de caractère qui vous sert tous les jours au travail

En bonne lorraine que je suis, je suis têtue. C’est souvent vu comme un défaut, mais personnellement, je le vois comme une qualité, qui me permet d’atteindre les objectifs que je me fixe. Disons que plutôt que têtue, persévérante serait probablement plus "politiquement correct" ...

Ce que vous y avez appris, ce qui vous a enrichi personnellement
L’humilité. Quand on est formé dans une école de service public, quelle qu’elle soit, on est formaté par un discours du type "vous êtes les meilleurs, les plus forts, les plus beaux" ... On en sort souvent avec une idée assez précise de ce qu’on veut mettre en oeuvre dans son futur service, très éloignée de la réalité du terrain ... Une fois en poste, on se rend très vite compte que la compétence, quel que soit le sujet, ce sont nos collaborateurs qui l’ont. Mon rôle, c’est un peu celui d’un chef d’orchestre : je mets en musique, je coordonne, et je m’assure qu’il y ait le moins de fausses notes possibles !