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Le phénomène

 



Comment se manifeste-t-il ?

Intervention sur un poids lourd (SDIS 84)

Une matière dangereuse est une substance qui peut représenter un danger pour l’homme, les biens ou l’environnement, en raison de ses propriétés physiques ou chimiques. Celles-ci peuvent provoquer des réactions en cas d’ouverture ou de dégradation de l’enveloppe les contenant (citernes, conteneurs, canalisations…). Ces matières peuvent être inflammables, explosives, toxiques, corrosives, radioactives…

Les risques majeurs associés aux Transports de Matières Dangereuses (TMD) sont donc consécutifs à un accident se produisant lors du transport. Les vecteurs de transport de ces matières dangereuses sont nombreux : routes, voies ferrées, mer, fleuves, canalisations souterraines et, moins fréquemment, voies aériennes.


Les conséquences sur les personnes, les biens et l’environnement

Les Transports de Matières Dangereuses représentent un risque spécifique en raison de leur diversité et de la densité de leur trafic.
Les communes situées sur les grands axes de transport, à proximité de sites industriels, complexes portuaires, etc., sont les plus concernées par ces risques, avec la présence d’au moins un type de transport de matières dangereuses. Cependant, toute zone urbanisée y est potentiellement exposée en raison des approvisionnements qui s’y effectuent en permanence : livraison d’hydrocarbures dans les stations services, de chlore dans les stations de traitements des eaux, des produits phytosanitaires dans les coopératives agricoles ; sans oublier les livraisons de fioul domestique et de gaz butane et propane auprès de la population.

Dans le Vaucluse, 72 communes (arrêté préfectoral du 26/10/2007) sont susceptibles d’être concernées par le risque de TMD du fait des livraisons de carburants et combustibles. Cependant, seules les communes situées sur les axes de transit les plus importants ou comportant une configuration urbaine particulière (nœuds routiers, voies étroites, pentes fortes, concentrations urbaines, etc.) sont soumises à des risques plus forts.

Par ailleurs, 57 communes sont soumises au risque spécifique de Transport de Matières Dangereuses par les canalisations souterraines d’oxygène (Oxyduc) entre Pierrelatte et Lavaudun, d’hydrocarbures (Geopipe également appelé Geosel) entre Fos et Manosque, (SPMR) entre Fos et Feyzin, (SPSE) de Fos vers l’Allemagne, (SAGESS) entre Fos et Manosque,(ODCTRAPIL), de gaz naturel (Fos-Tersanne) et d’éthylène (TRANSETHYLENE) entre Saint-Auban et Lavéra.

Les conséquences d’un accident pendant le transport de matières dangereuses dépendent de la nature du produit. Les principaux dangers qui y sont liés sont :

  • La pollution de l’atmosphère, du sol, de l’eau : sa gravité dépend de la quantité de produit volatilisé ou rejeté, des conditions météorologiques et de la situation géographique. Ce risque est surtout lié au transport de produits liquides. 52 % des accidents en PACA ont pour conséquence des rejets de produits (source Cyprès).
  • L’incendie : lié à la présence de produits inflammables, c’est le risque le plus fréquent. 47 % des accidents de TMD en Paca provoquent un incendie. Celui-ci peut avoir diverses causes : échauffement anormal d’un organe du véhicule, choc contre un obstacle avec production d’étincelles, explosion au voisinage immédiat d’un poids lourd, d’un wagon ou d’une conduite, sabotage.
  • L’explosion : impliquant des produits inflammables transportés sous forme gazeuse, liquide ou solide, elle intervient suite à divers accidents, choc avec production d’étincelles, mélange de plusieurs produits, explosion d’artifices ou de munitions…. Près de 5 % des accidents en PACA provoquent une explosion.
  • Le nuage toxique : tout incendie peut dégager des fumées toxiques, avec des conséquences parfois mortelles pour l’homme, avec des troubles respiratoires ou cardio-vasculaires.


Le transport routier

(SDIS 84)

Le transport routier est le plus exposé car les causes d’accidents sont multiples : état du véhicule, faute de conduite du conducteur ou d’un tiers, conditions météorologiques. Le développement des infrastructures de transport, de la capacité de transport et du trafic multiplie les risques d’accidents.

Tous les secteurs d’activité font transiter leurs matières dangereuses par transport routier pour sa souplesse d’utilisation. Flexible et diffus, il permet d’assurer des échanges au sein des industries, l’approvisionnement des stations services en carburant et des coopératives agricoles en produits phytosanitaires. Il est également utilisé pour les livraisons de fioul domestique et de gaz butane et propane auprès de la population.

Le Vaucluse est placé sur l’un des axes européens les plus denses en matière de TMD. Le réseau routier, très maillé, comporte deux autoroutes (A7 et A9), une portion sans échangeur de l’A51, deux nationales (N7 et N86) et plusieurs départementales structurantes (D31, D900, D907, D225, D942, D950, D973…). La vigilance s’impose, en raison de l’augmentation régulière du trafic de poids lourds.

La commune d’Avignon (chef lieu de département) est particulièrement concerné par le risque TMD routier, en raison d’une voie de circulation (La rocade) empruntée par l’ensemble des PL ( en transit) souhaitant rejoindre l’ A7 à partir de l’ A9 (sortie Remoulins).
Plus au nord, le département est exposé au risque TMD de classe 7 ( matières radioactives) d’Orange vers Marcoule (via Caderousse) et de Bollène vers Tricastin.



Le transport ferroviaire

Le transport ferroviaire est plus sécurisé : système contrôlé automatiquement, conducteurs asservis à un ensemble de contraintes, pas de risque supplémentaire lié aux conditions climatiques. Il est soumis à des règles strictes : règlement concernant le transport international ferroviaire des Marchandises Dangereuses (RID), Plans Marchandises Dangereuses (PMD), sécurisation des sites, interdiction de croisement dans les tunnels avec des trains de voyageurs…
Les gares de triage représentent des sites à risques particuliers liés aux opérations de formation des trains, aux quantités et aux volumes en attente d’expédition, à l’hétérogénéité des matières présentes. Dans ce dernier cas, un classement est opéré dans le train et un « wagon tampon » de séparation peut être mis en place si nécessaire.
Dans le département de Vaucluse, un transport important d’hydrocarbures et de produits chimiques s’effectue par voie ferrée vers l’Espagne.


Un exemple en gare de triage d’Avignon
En 1994, un wagon citerne transportant du chlorure de vinyle s’est couché. 4 000 personnes ont été évacuées durant l’opération de transvasement. Suite à l’accident de 1994, ont été mis en place :

  • une « Commission Sécurité des marchandises dangereuses » et, en Région, un « Expert Transport Marchandises Dangereuses » qui est le correspondant permanent du « Conseiller à la Sécurité ».
  • la structure « Présence Fret » a été créée pour effectuer le suivi de l’acheminement des wagons MD. En cas d’incident MD, elle assure l’interface entre les différents acteurs.

En gare de triage d’Avignon se trouve une plate forme intermodale (Rail/Route) pour le transport de semi-remorque, augmentant d’autant le risque TMD résultant des diverses manutentions


Le transport par canalisations souterraines

Le transport par canalisation devrait en principe être le plus sûr car les installations sont fixes et protégées. Il est utilisé pour les transports sur grande distance des hydrocarbures, des gaz combustibles et parfois des produits chimiques. Toutefois, des défaillances peuvent se produire en provoquant des accidents très meurtriers. La cause initiale de ce type d’accidents est presque toujours la détérioration de la canalisation par un engin de travaux publics ou de travaux agricoles. Ce peut être lié également à l’oxydation de la canalisation en cas de défaut de protection.
Si le produit transporté par les canalisations est un gaz inflammable, l’explosion éventuelle du nuage de gaz, libéré par la brèche sous forte pression, peut provoquer des brûlures graves à plusieurs dizaines de mètres. D’autres effets significatifs peuvent être causés sur de plus grandes distances.


Le transport fluvial

Le Rhône couvre l’axe fluvial principal de la région entre Lyon et Fos-sur-Mer. En 2006, les Transports de Matières Dangereuses, essentiellement en transit sur la partie vauclusienne du Rhône représentent 21 % de la part totale transportée par la voie fluviale (soit 1 million de tonnes et plus de 1 000 voyages).

Méthanier s’engageant dans l’écluse de Bollène

Les matières transportées sont principalement des produits pétroliers + butane liquéifié (54 %) des produits chimiques (39 %) et des engrais (près de 7 %).
Les produits sont transportés en vrac, en bigbag, en conteneurs ou en citernes. Ce type de transport est régi par le règlement ADNR (équivalent de l’ADR routier). La flotte des bateaux effectuant des Transports de Matières Dangereuses fait l’objet d’un suivi particulier (à l’exclusion des navires fluviaux maritimes, hors du champ de contrôle du Service de Navigation Rhône Saône, SNRS).
Le département possède deux ports fluviaux : Courtine (sur Avignon) et Le Pontet.
Il est prévu un rapprochement entre la gare de fret SNCF et le port fluvial d’Avignon (Courtine), avec la délocalisation d’une des deux infrastructures.