Contenu

Le phénomène

 



Comment se manifeste-t-elle ?

Une inondation est une montée des eaux, plus ou moins rapide, dans une zone habituellement hors d’eau. Le risque inondation est la conséquence de deux composantes : l’eau qui peut sortir de son lit habituel d’écoulement ou remonter en surface et l’homme qui s’installe dans la zone inondable avec toutes sortes de constructions, d’équipements et d’activités.
147 des 151 communes du département sont répertoriées comme étant concernées par le risque inondation.

Différents types d’inondations peuvent se produire selon la nature même du cours d’eau, l’urbanisation et les aménagements effectués par l’homme, tant dans le cours d’eau lui-même, que dans l’ensemble du bassin versant. En règle générale, dans le Vaucluse, toutes les crues de rivière sont des crues torrentielles, sauf celles concernant le Rhône, le bassin des Sorgues et, dans une moindre mesure, la Durance.
Selon la pente générale du cours d’eau, on peut distinguer plusieurs types de crues :

  • les crues lentes des fleuves et des rivières provoquant les inondations de plaines. La durée de submersion est souvent longue,
  • les crues torrentielles des fleuves et rivières ou torrents provoquant des crues rapides avec des vitesses d’écoulement importantes. Des érosions de berges sont possibles et des matériaux peuvent être transportés en grande quantité,
  • les inondations par ruissellement provoquant un envahissement très rapide des lieux, particulièrement en zone urbanisée.


La montée lente des eaux

Les inondations de plaine

Avignon (SDIS 84)

Elles se produisent lors des crues des cours d’eau à faible pente, comme le Rhône ou la Durance. La rivière sort de son lit mineur lentement et peut inonder la plaine pendant une période relativement longue. La rivière occupe alors son lit moyen puis éventuellement son lit majeur, appelé aussi plaine alluviale.

Selon la localisation de l’événement pluvieux, la propagation de la crue dans son bassin est relativement lente entre l’amont et l’aval, permettant généralement de bénéficier d’un délai d’alerte de quelques heures. Mais les vitesses d’écoulement sont rapides, a fortiori en cas de rupture de digues ou de remblais. Ces inondations de plaine se caractérisent également par des volumes d’eau importants, associés à de fortes hauteurs d’eau, et par une durée de submersion pouvant être de plusieurs jours (décrue lente).

Les crues du Rhône, de la Durance dans une moindre mesure, des Sorgues, peuvent être considérées comme des crues de plaine dans le département ; elles sont souvent accompagnées de remontées de nappe. La crue du Rhône peut être en outre un facteur aggravant lors d’inondations simultanées de ses affluents, tels que l’Aygues ou l’Ouvèze. L’écoulement de la crue des affluents est en effet bloqué par le niveau du Rhône.


Exemples : (1840) crue du Rhône ; (1856) crue de la Durance et du Rhône ; (1951) crue de la Durance à Pertuis, Cavaillon et Villelaure (1994) ; crue du Rhône à Bollène, Lamotte-du-Rhône, Courthezon, Avignon ; (décembre 2003) crue du Rhône d’occurrence légèrement supérieure quasiment équivalente à la crue centennale.

Inondation par refoulement de réseaux

Ce type d’inondation peut précéder ou suivre le débordement du cours d’eau en crue. Il se manifeste principalement par une remontée d’eau dans le réseau d’assainissement (lui-même inondé par la montée des eaux de la rivière en crue), ou dans un réseau de canaux de drainage. La crue empêche l’évacuation des eaux et provoque le refoulement de l’eau. Ce cas est le plus fréquent en plaine.

Les remontées de la nappe phréatique

Une inondation spontanée se produit lorsque la nappe affleure un terrain, bas ou mal drainé, saturé d’eau. Ce phénomène peut perdurer.


La formation rapide de crues torrentielles

Les inondations liées aux crues torrentielles des rivières

Elles surviennent dans des cours d’eau de pente forte à moyenne. Ces crues se caractérisent par un faible délai entre l’événement pluvieux et la propagation de la crue dans son bassin, ce qui rend l’alerte des populations difficile. Les vitesses d’écoulement sont rapides, provoquant affouillements, érosions de berges voire destruction de bâtiments. Les rivières peuvent être chargées en matériaux, parfois de grande taille, arrachés des berges. Les risques d’embâcles (enchevêtrement d’arbres, de détritus, d’objets) sont fréquents lorsque le cours d’eau traverse des zones urbanisées avec de nombreux ouvrages de franchissement. Les embâcles formés peuvent alors provoquer des débordements, puis la destruction de l’ouvrage si la pression exercée devient trop forte.
Dans le Vaucluse, ce type d’inondations concerne la majorité des rivières.


Des crues torrentielles en Vaucluse : L’Ouvèze (1616, 1886, 1951), (1616) crue du Lauzon, de la Nesque , (1622) fortes crues du Lez, de l’Aygues, de la Meyne, de la Nesque et des Sorgues ; (1886) crues de l’Aygues, du Calavon ; (1951) crues du Lez, de l’Aygues, de la Meyne, de l’Auzon et de la Sorgue.


Les crues torrentielles les plus récentes :

Piolenc, 2002
  • 1992 : l’Ouvèze et le Bassin Sud-Ouest du Mont Ventoux (Vaison-la-Romaine, 41 victimes, 67 communes déclarées en catastrophe naturelle),
  • 1993 : l’Ouvèze 4 victimes ; 56 communes déclarées sinistrées,
  • 1994 : l’Ouvèze (1 victime, 92 communes déclarées sinistrées ), la Durance, le Coulon-Calavon,
  • 2002 : l’Ouvèze et bassin Sud-ouest du mont Ventoux, l’Aygues, la Meyne, le Rieu Foyro,
  • 2003 : l’Ouvèze,
  • 2008 : le Coulon-Calavon.

Les inondations liées aux crues torrentielles des torrents

Ces inondations, spécifiques aux torrents des montagnes, se caractérisent à la fois par une crue liquide et par une crue solide. Cet écoulement solide (bois, cailloux, terre, déchets divers) peut modifier considérablement l’écoulement de la crue liquide. Notamment en engravant le lit mineur ce qui diminue fortement ses capacités d’écoulement. Parfois, l’aspect solide de la crue l’emporte et la crue évolue en lave torrentielle.
Les inondations des torrents sont surtout visibles sur la partie basse de leur cours, peu avant leur confluence avec la rivière principale. Cette partie basse est appelée cône de déjection. Selon les quantités de matériaux mobilisables dans la partie supérieure du torrent, le cône est plus ou moins étendu. Lorsque celui-ci est habité, les bâtiments y sont très vulnérables et les conséquences des fortes crues peuvent être redoutables.

En Vaucluse, c’est le cas des de certains vallats, petits talwegs à sec en temps normal, qui peuvent se transformer en torrents dévastateurs après un gros orage.
Exemple : la crue du Malaugu (affluent du Mède) en décembre 2003 à Bédoin.

Inondations par rupture d’ouvrage

Dans le cas de cours d’eau endigués, l’inondation peut survenir brutalement soit par surverse (débordement au-dessus de la digue), soit par rupture de la digue. Le phénomène peut être très brutal et d’autant plus dommageable que des enjeux humains et matériels sont proches de la digue. L’entrée subite d’une vague dans la zone endiguée ne laisse aucun délai pour intervenir. Pour les personnes, les risques sont élevés du fait de la vitesse et de la hauteur de cette vague. Le fait de se trouver derrière un ouvrage de protection dimensionné pour un certain niveau de crue peut donc aggraver le risque dans le cas où l’ouvrage cède ou si l’eau dépasse le niveau prévu.


Exemples de ruptures de digues

  • (1994) Père Grand à Pertuis,
  • (2002) Canal de Pierrelatte à Mornas, Piolenc,
    (le canal de Pierrelatte, n’est plus en activité, mais il peut se remplir par ruissellement et inonder ponctuellement suite à des brèches le long de son parcours),
  • (2003)digues du Rhône dans le secteur de Pierrelatte Lapalud, Lamotte-du-Rhône (digues hors périmètre Compagnie National du Rhône),
  • (2002 et 2003) ruptures de digues notamment sur le bassin sud-ouest du Mont-Ventoux à Monteux, Sarrians, Aubignan,
  • (1993-1994) sur le Lez à Bollène.


Un embâcle consiste en l’obstruction d’un cours d’eau par un barrage naturel qui entraîne une retenue d’eau importante. Ce barrage peut être constitué d’éléments solides arrachés à l’amont et charriés par le cours d’eau ou par un glissement de terrain. La rupture d’embâcle peut se produire durant la crue ou plusieurs jours après des pluies exceptionnelles ou un mouvement de terrain.
Exemples : le 22 septembre 1992, crue à Beaumes-de-Venise où le pont sur la Salette a été emporté ; destruction du pont de Roaix sur l’Ouvèze.

Inondation par ruissellement

Ces inondations se produisent lors de pluies orageuses de forte intensité si la capacité d’infiltration des sols ou d’évacuation du réseau de drainage est insuffisante. En zone urbanisée, ce phénomène est dû (en dehors du lit des cours d’eau proprement dit) à l’imperméabilisation des sols et à l’urbanisation. L’eau envahit alors les rues rapidement, parfois en moins d’une heure. De nombreuses agglomérations en Vaucluse sont soumises à ce type de phénomène. Parmi les exemples récents, on peut citer Piolenc en 2002 également soumise alors au débordement du Rieu.