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Le Handicap

 

La définition du handicap posée par la loi n° : 2005-102 du 11 février 2005 procède d’une lente maturation historique construite autour d’une approche politico-sociétale, d’une part et d’une inéluctable confrontation avec une approche procédant des effets de la mondialisation économique, d’autre part.

Associée à une caractérisation exclusivement médicale, le handicap se caractérise, aujourd’hui, au travers d’une situation de handicap temporaire ou définitif pouvant procéder de l’altération de l’environnement social de l’individu lui-même.

 

La loi n° : 2005-102 du 11 février 2005 caractérise le handicap de la manière suivante : «  Constitue un handicap, au sens de la présente loi, toute limitation d’activité ou restriction de participation à la vie en société subie dans son environnement par une personne en raison d’une altération substantielle, durable ou définitive d’une ou plusieurs fonctions physiques, sensorielles, mentales, cognitives ou psychiques, d’un polyhandicap ou d’un trouble de santé invalidant. »

Cette définition n’est, en soi, pas plus naturelle qu’évidente. Elle procède d’une lente maturation historique dont l’origine nous ramène à l’exercice des Ordres Mendiants médiévaux pour nous conduire, à travers l’évolution des idées politiques et sociales, jusqu’à la reconnaissance du travailleur handicapé procédant, elle-même, de la mise en oeuvre des lois sociales de 1957 et 1975.

Patrice Doriguzzi, nous livre une approche politico-sociétale de la définition du handicap dans son livre "L’histoire politique du handicap" dont vous touverez, ci-après, une bien modeste synthèse.

"Pauvre parmi les pauvres", ne devant son état qu’à ses seuls vices ou intempérances au moyen âge, "l’infirme" s’individualise au cours des temps modernes avec le développement de l’idéologie libérale et reste tributaire, au pire, de la charité, au mieux, de la philanthropie à l’inverse de "l’invalide" militaire qui, lui, bénéficie d’un embryon de statut social.

La fin du XIXème siècle met en exergue le poids social des vieillards, infirmes, incurables et, du fait de l’accroissement de leur nombre induit par le développement industriel, des accidentés du travail.

La Grande Guerre, celle de 14-18, place le "mutilé" au premier plan des préoccupations sociales nationales et pose la problématique de son insertion professionnelle, amorçant, elle-même, le processus politique qui conduira à l’expression des lois de 1957 et 1975 qui l’érigeront en "produit social".

La crise économique porte la banalisation de la personne handicapée, assimilée à une population d’exclus sociaux au même titre que les chômeurs, travailleurs précaires et Rmistes.

Les débats engagés autour de la notion de handicap peuvent ainsi déboucher sur la marginalisation de celui-ci, par le jeu d’une approche trop "médicalisante" l’associant à une nécessaire assistance financière ou conduire à l’isolement des personnes handicapées au sein de la société par le fait d’une approche trop revendicative du droit à la différence.

La définition du handicap paraît d’autant plus hasardeuse, dans ce contexte, qu’elle reste indisociable d’une approche sociale politiquement discutée entre "réalité économique", à droite et "défense d’acquis sociaux", à gauche.

Le statut social et professionnel de la personne handicapée est ainsi tributaire d’un compromis politique entre une conception ancienne de l’assistance publique et celle, plus récente, de l’intégration sociale.

La terminologie "handicapé" procède du texte de la loi cadre de 1975 et se situe, principalement, sur un plan médical alors qu’elle renvoie, dans la société ordinaire, à un concept d’inadaptation reconnu dans les pays de culture Anglo-Saxonne sous le vocable de "disabilities".

Cette nouvelle approche conduit à apprécier "l’état social de l’individu" au travers du triptyque "Déficience, Handicap et Incapacité", modèle proposé par Philipp Wood, offrant la possibilité d’évaluer l’incidence d’un état de santé sur la vie sociale de l’individu indépendamment de son origine ou de son évolutivité.

La définition du handicap est alors étendue à celle de "situation de handicap" qui la dépasse. Cette extension de définition permet de considérer les différences de situations induites par l’environnement opposée à l’individu pour un même type de déficience.

Ce concept peut être poussé à son paroxysme : changer le rythme de travail, de relations sociales de l’individu conduit, d’une certaine façon, à « fabriquer » des handicapés, des individus incapables de s’adapter à ces nouvelles normes de fonctionnement.

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