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Intelligence économique : sensibilisation des entreprises vauclusiennes à la cybercriminalité

 

1/ L’intelligence économique, un dispositif pour la protection et la sécurisation des données économiques des entreprises

L’intelligence économique est le dispositif par lequel tout acteur économique assure la maîtrise et la protection de l’information qui est essentielle pour ses activités.
Elle vise à collecter, analyser, diffuser et protéger l’information économique stratégique.

Outil d’aide à la décision au profit de l’ensemble des acteurs économiques (entreprises, établissements de recherche, ministère, collectivités territoriales), elle se décline en plusieurs axes :

- un volet pédagogique permettant de sensibiliser l’ensemble des acteurs concernés sur les objectifs et les méthodes de l’intelligence économique ;

- un volet anticipation et accompagnement des évolutions, notamment par la veille stratégique, afin de permettre à ces acteurs de prendre les meilleures décisions ;

- un volet de sécurité économique, à travers la prévention des risques, notamment immatériels (savoir-faire, réputation…) ;

- un volet travail d’influence, de long terme, sur l’environnement économique, par exemple en termes de régulations internationales de toutes natures, techniques ou de gouvernance, afin de créer un environnement favorable aux orientations choisies.

Au niveau national, le décret n°2016-66 a créé un commissaire à l’information stratégique et à la sécurité économique et un service à compétence nationale au sein de la Direction générale des entreprises, le Service de l’information stratégique et de la sécurité économiques (SISSE).

À l’échelon régional des services déconcentrés de l’État, ont été nommés, au sein des DIRECCTE, des délégués à l’information stratégique et à la sécurité économique.

En Provence – Alpes – Côte d’Azur, la compétence « intelligence économique » constitue une compétence partagée entre l’État et le Conseil régional.

À cette échelle, la gouvernance reposera sur trois instances :

- le comité stratégique d’intelligence économique, copiloté par le préfet de région et le président du conseil régional ;

- le comité veille anticipation, chargé de la mise en œuvre des orientations définies par le comité précité ;

- le comité sécurité économique, qui est compétent sur les aspects régaliens de l’intelligence économique, composé uniquement des services de l’État uniquement.


Pour s’adapter aux enjeux du numérique et garantir une meilleure maîtrise des données personnelles, une nouvelle législation européenne, le RGPD, entre en vigueur le 25 mai prochain. Il renforce les droits des personnes et responsabilise davantage les organismes publics et privés qui traitent leurs données.
Le critère à prendre en compte est le volume ou la sensibilité des données traitées, et non pas la taille ou le nombre d’employés d’une entreprise.

Ce nouveau règlement européen s’inscrit dans la continuité de la Loi « Informatique et Libertés » de 1978 et renforce le contrôle par les citoyens de l’utilisation qui peut être faite des données les concernant.

Le RGPD constitue une opportunité économique pour les PME et présente six avantages :

- renforcer la confiance : toute personne qui confie ses données à une PME établit avec elle une relation de confiance et souhaite le respect de ses droits et de sa vie privée. Le RGPD permet de sceller une relation de confiance avec ses interlocuteurs et d’améliorer son image de marque.

- améliorer son efficacité : pour vendre ses produits et services, l’entreprise a besoin de prospecter, de connaître ses clients et de gérer la facturation. Pour cela, elle constitue donc des fichiers concernant ses clients et prospects.
En ayant une gestion rigoureuse de ses données, la PME gagne donc en efficacité et en productivité.

- mieux gérer son entreprise : en se développant, une entreprise est amenée à traiter un volume croissant de données, ce qui nécessite de mobiliser de plus en plus de moyens humains et techniques pour les gérer, les mettre à jour et en assurer la sécurité. Le principe de « minimisation » des données (ne collecter que les données dont on a besoin) et l’obligation de tenir à jour ses fichiers permettent de faire le point sur les données collectées et d’identifier les besoins. Appliquer ces principes permet d’optimiser les investissements.

- améliorer la sécurité des données de l’entreprise : l’actualité témoigne de plus en plus de failles de sécurité et d’attaques informatiques. Ces dernières peuvent avoir des conséquences désastreuses sur l’activité d’une entreprise. Le niveau de sécurité de l’entreprise dans sa globalité se pose en préalable à la sécurité des données. Protéger son patrimoine informationnel et protéger les personnes concernées des atteintes à leurs données, c’est donner à son entreprise des moyens de se développer sereinement.

- rassurer les clients et donneurs d’ordre et ainsi développer l’activité de l’entreprise : dans tous les secteurs d’activité, les donneurs d’ordre seront très attentifs à la mise en œuvre du RGPD par leurs prestataires. Si les entreprises respectent le RGPD, elles auront un avantage concurrentiel.

- créer de nouveaux services : le RGPD introduit de nouveaux concepts pouvant se traduire en nouveaux services (exemple la portabilité des données). Le développement et l’organisation de ces nouveaux outils et services représentent de véritables défis et de nouvelles opportunités économiques. L’utilisateur final pourrait fortement gagner en termes d’expérience, ces éléments entreront alors dans sa décision d’achat.


2/ Sécurisation économique : sensibiliser davantage les entreprises vauclusiennes

De manière générale, les entreprises vauclusiennes ne sont guère sensibilisées à la question de la sécurité économique. 90 % d’entre elles sont des TPE et n’ont pas les moyens humains et financiers de s’y intéresser. Pourtant, certaines activités exercées dans le département ou à proximité immédiate revêtent un caractère stratégique pour l’économie du département. Il s’agit notamment des pôles de compétitivité Terralia (filière fruits et légumes) et SAFE cluster (actif sur la thématique de la sécurité globale), de l’ITER/Tricastin, ou encore des travaux de recherche conduits à l’université.

Cherchant à développer la coordination entre les services de l’État en matière de sécurité économique, les initiatives suivantes existent :

- la réunion au moins une fois par an du comité départemental de l’intelligence économique réunissant les services de l’État concernés et la CCI sous la présidence du sous-préfet référent et le relais vers les chambres consulaires des messages d’alerte des services de l’État ;

- le club « Intelligence Économique » de la CCI de Vaucluse, qui compte une centaine d’adhérents et organise régulièrement des événements ;

- la réalisation par la CCI de Vaucluse, en partenariat avec la gendarmerie nationale, de « diagnostics de vulnérabilité » dans des entreprises (une soixantaine de diagnostics ont été réalisés jusqu’à présent).

Dans ce contexte, et afin de diffuser une culture d’intelligence et de sécurité économiques à l’attention des entreprises de Vaucluse, mais également d’affirmer cette politique publique comme moyen de renforcer les relations des services de l’État avec le tissu économique local, Jean-Christophe MORAUD, préfet de Vaucluse, a organisé, en partenariat avec la CCI, une rencontre entre tous les acteurs économiques concernés.