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ACTION INTERMINISTÉRIELLE - la lutte contre les dégâts de sanglier

 

Depuis une vingtaine d’années, la population de grand gibier, particulièrement celle du sanglier, augmente en Vaucluse comme dans la plupart des départements. Cette population commet des dégâts importants dans les cultures, parfois dans les jardins en zone péri urbaine. Elle peut en outre augmenter le risque d’accidents de la circulation par collision. Il est donc indispensable de maintenir le nombre de sangliers présents dans le département à un niveau acceptable.

 

Une présence de sangliers en augmentation

Le sanglier a toujours été présent en Vaucluse. L’extension des surfaces forestières et le déclin de l’activité humaine dans certains endroits ont stimulé le développement de sa population depuis les années 1990. Aujourd’hui, le sanglier occupe tous les massifs boisés.
L’estimation de sa population se fait à partir d’un indicateur indirect, qui est le nombre de sangliers tués par les chasseurs (autrement désignés sous le terme de « prélèvements »). L’examen de l’évolution de cet indicateur montre qu’après une première augmentation de 1996 à 2001, les prélèvements étaient redescendus à un plateau avoisinant les 4000 sangliers, témoignant d’une baisse des populations et d’une volonté des chasseurs de tendre vers un équilibre agro-cynégétique (équilibre à maintenir ou atteindre, entre d’une part le maintien d’une agriculture viable, et donc la limitation des dégâts aux cultures, et d’autre part l’activité de chasse, qui nécessite une certaine présence de gibier).
Depuis 2012, on assiste à une nouvelle augmentation de la population de sangliers qui se traduit par une forte augmentation des prélèvements  : jusqu’à 10 000 sangliers ont été prélevéspour la saison 2015-2016. Il faut noter que l’augmentation des populations de sangliers est très fortement corrélée avec la production naturelle de glands.
La pression de la chasse est l’outil le plus efficace pour réguler la population de sangliers.

Des dégâts aux cultures à contenir

En Vaucluse, les deux tiers des dégâts aux cultures commis par les sangliers et cervidés le sont sur les vergers et les vignes. Ces dégâts sont déclarés par les agriculteurs à la Fédération des chasseurs, qui envoie sur place un spécialiste chargé d’en évaluer le montant. Les dégâts sont ensuite indemnisés selon le barème en vigueur, barème qui est validé en Commission départementale de la chasse et de la faune sauvage.
Le montant annuel des dégâts de gibiers indemnisés reste globalement stable, entre 100 et 150 000 € dans le département après avoir atteint son maximum pour la campagne 2013-2014. Après cette hausse significative sur la saison précédente, les dégâts de gibier ont été contenus, avec un montant de 153 000 € pour la saison 2014-2015.
Ce niveau de dégâts est largement inférieur à la moyenne nationale. Il est également inférieur à ceux des départements voisins : la situation n’est donc pas inquiétante, mais la vigilance concernant les populations de sangliers est indispensable, particulièrement dans les communes qui subissent des dégâts récurrents.

Accentuer la pression de chasse

Face à cette situation, la Direction Départementale des Territoires (DDT) a progressivement mis en place depuis 2011, avec l’accord de la Commission départementale de la chasse et la faune sauvage, des mesures réglementaires permettant d’ouvrir au maximum la possibilité de chasser le sanglier :

  • Ouverture de la chasse en battue dès le 1er juin sur les communes identifiées comme « points noirs » du fait de la récurrence des dégâts et dès le 15 août sur tout le reste du département ;
  • Ouverture anticipée de la chasse à l’affût à proximité des cultures, afin de prévenir les dégâts, dès le 1er juin et jusqu’à mi-octobre, avec une possibilité complémentaire d’ouverture en janvier et février ;
  • Mise en place d’un plan de gestion de l’espèce sanglier dans les réserves de chasse, afin d’éviter que ces dernières ne deviennent des zones refuge.

Ces différentes mesures ont porté leurs fruits ; les sociétés de chasse sont sensibilisées et mettent en œuvre aujourd’hui ces différentes possibilités comme le montre le chiffre important d’animaux tués sur la dernière saison.
En outre, afin de supprimer des points noirs particuliers en matière de dégâts de gibier, la Louveterie départementale intervient régulièrement à la demande de l’administration. Douze louvetiers sont nommés par le préfet pour couvrir le département de Vaucluse.
Depuis 2013, les interventions des lieutenants de louveterie sont en nette augmentation : que ce soit par des tirs de nuit à proximité des cultures, ou par la mise en œuvre de battues administratives, de préférence en dehors des périodes de chasse.

Prévenir les dégâts
Afin de protéger les cultures, la Fédération départementale des chasseurs de Vaucluse, avec le plus souvent le concours des associations de chasse locales, met à disposition des agriculteurs des clôtures électriques pour prévenir les dégâts. L’entretien est en général assuré par les agriculteurs. La fédération embauche du personnel spécialisé à la pose de clôtures de prévention afin d’assurer une bonne réactivité aux demandes. Le montant consacré ces dernières années à la pose de clôtures est en augmentation. Pour la saison 2014-2015, il était de 280 000 €.

Par ailleurs, afin de limiter la présence des sangliers dans les cultures, il est pratiqué un agrainage de dissuasion. Cette pratique consiste à distribuer de la nourriture pour le gibier, souvent sous la forme de grain. Seul est autorisé en Vaucluse l’agrainage de dissuasion, qui permet la prévention des dégâts agricoles. La nourriture est distribuée par épandage linéaire diffus, plutôt qu’en point fixe. L’objectif est de maintenir les populations de sangliers dans les forêts pendant la période à risque de dégâts pour les cultures.
Dans le cadre du nouveau schéma départemental de gestion cynégétique, approuvé par arrêté préfectoral le 29 juillet 2015, ces modalités d’agrainage ont été revues. Désormais seuls les agrainages de dissuasion à base de céréales sont autorisés. De fait, les pratiques d’agrainage par les excédents agricoles qui s’apparentaient à du nourrissage (courges, melons…) ne sont plus possibles.

La vigilance de l’État par rapport à l’augmentation des populations de sangliers depuis 2012 est constante. La chasse pratiquée dans le Vaucluse reste une chasse populaire avec un nombre de pratiquants réguliers important, ce qui permet de maintenir la pression de chasse sur le sanglier, et de limiter les dégâts. Les points noirs sont localisés et font l’objet d’une réglementation particulière et d’un effort de chasse accru.